Garage Board : JAJA

Comme son nom l’indique, ce premier concept sur Migliss n’aborde pas le débat de savoir si on met du safran dans un rougail. L’idée est claire : prendre une board d’antan et la redécouvrir, la resurfer. 

Jaja, le roi de Saint-Leu — ou Lucas Jannier pour les intimes — est le premier cobaye de cette émission. Il  nous a dégoté sa première board, bien conservée sous un pied de mangue. Une Choka, marque réunionnaise emblématique de la côte ouest. Une 4’10”, oui, c’est petit pour ce grand champion. D’après ses dires, il l’a eue vers ses 8 ans. 

Alors, qu’est-ce que ça donne maintenant qu’il n’est plus une petite crevette qui peine à faire un bottom ? Étonnamment, de bonnes sensations. D’un point de vue de quelqu’un qui filme du surf, j’ai presque envie de dire qu’il glisse mieux avec cette croûte que sa JS à 800 euros. Des FCS-1, un coup de mastic bateau sur les plus gros trous bien sûr, et c’est parti. 

 

Première session à la Tortue. Spot qui lui est très familier, il a du mal à monter au peak du fait que la board est vraiment petite pour lui. Il s’élance et, franchement, a tout de suite les bons appuis et s’approprie très vite la board. Des turns un peu timides au début, histoire de ne pas trop l’abîmer. Après une session d’une heure assez laborieuse, à base de rame, il est temps de revenir aux bases. 

Comme beaucoup d’enfants de l’ouest, il a appris à surfer à Trois Bassins. Une vague plus technique qu’il n’y paraît : molle, peu de sections et de bowls. Mais ça ne freine pas Lucas, qui s’en donne à cœur joie. Un petit effet nostalgique de se dire qu’il resurfe cette board ici, vingt ans plus tard. À travers l’objectif, j’arrive à voir son sourire. Je vois surtout qu’il s’amuse. Le principal, me direz-vous. Plus que d’habitude j’ai l’impression : il reste sur de beaux rollers et de beaux cut back. À un moment, je vois qu’il pompe pas mal pour taper la section du bas, un “club sandwich”, bien exécuté. Jeremy Flores serait fier de lui, en plus à Trois Bass. S’ensuit un petit reverse pas dégueu. 

En conclusion, selon lui, il aimerait bien se “faire shaper la même board mais en un peu plus grand, 5’2, 5’3, 5’4 mais pas plus”, et il “préfère surfer une board comme celle-ci plutôt que ses boards normales”. Ducoup, le matériel ça fait tout ? Pas forcément d’après moi. 

Moralité : c’est pas la board qui fait le surfeur, c’est la mémoire qu’il met dedans. 

 

Article : Yaya

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